La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

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La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  Nathaniel Rousquet le Jeu 14 Fév - 21:59

Dans l'indifférence générale, la mère Teule avait expiré son dernier souffle quelques jours avant le mariage du Prince-Amiral. Elle habitait seule un immeuble entier du bas-fond de Lusance depuis la mort de son époux, ancien receleur de renom de Sorabe. La vieille femme avait ses habitudes dans le quartier, connaissant toutes les prostituées, tous les tenanciers et bon nombre des marins qui écumaient les unes et les autres pour oublier leur médiocre existence.
Sans que l'on su dire pourquoi, cette femme avait toujours été crainte, y compris par les pires ivrognes que connaissait Lusance. Lorsque l'on parlait de l'Hilote ou de la Pante, c'était d'elle qu'il s'agissait sans toutefois qu'on lui attribue véritablement ces qualificatifs. Assurément, il fallait être complètement fou pour chercher à s'en prendre à cette force de la nature qui avait déjà surpris plus d'un homme, capable de corriger d'une paire de claques n'importe qui osait la prendre de haut. Quelques histoires extraordinaires courraient d'ailleurs sur elle, dont une selon laquelle elle avait eu à porter sur ses frêles épaules un pirate ivre sur plusieurs centaines de mètres pour s'en débarrasser de dessous sa porte. Au-delà de la crainte, c'était une certaine forme de respect qu'éprouvaient certaines ripailles sorabes. On disait d'ailleurs d'elle qu'elle avait fait naître bon nombre d'hommes au milieu de la vermine mais que tôt ou tard ils finissaient par être repris par l'animalité qui les rongeait.
On se rendit compte de sa mort qu'après avoir constaté que ses persiennes n'avaient pas été ouvertes plusieurs jours durant, chose qui n'était jamais arrivée au cours des dernières cinquante années. L'annonce de sa mort avait circulé une journée durant avant que tout le monde l'oublie, définitivement.

Nathaniel, à peine rentré d'une excursion en mer, avait voulu aller voir la Teule. Quand il apprit qu'elle avait rejoint son mari mais que personne n'avait fait en sorte que le prêtre de la cathédrale Saint-Sigismond vienne s'occuper de la dépouille, le capitaine de la Beldiane rentra dans une rage sourde. Il jurait entre ses dents serrées, crachant au visage de ceux qui haussaient béatement les épaules ou qui s'en moquaient. La Principauté de Sorabe n'était pas une île de pirates, c'était une île de poltrons et de bâtards.
Moyennant une belle récompense en monnaie, le capitaine transforma deux de ses hommes en croque-mort et ils se chargèrent de l'inhumation de la vieille femme dans l'un des cimetières de Lusance qui servait de lieu de rendez-vous à la clientèle des catins du quartier.

Une fois la dernière pelletée de terre jetée sur le trou fraîchement creusé, le capitaine Rousquet respira à plein poumon l'air vicié qui sentait la charogne et l'herbe retournée. Il semblait perdu dans ses pensées, droit comme un piquet, devant la pierre tombale où l'on distinguait à peine le nom du premier occupant de l'endroit.
Cela faisait désormais plusieurs années que Nathaniel attendait une bonne occasion de réaliser son projet. Il avait passé des centaines d'heures au-dessus de vastes plans qu'il dessinait dans la cabine de son bateau, accumulant les folios noircis par des lignes descriptives de son dessein. La mort de la mère Teule et la mariage du Prince-Amiral lui offraient une opportunité qu'il devait savoir saisir.

Alors qu'il revenait de l'impasse où étaient enterrés les quelques corps que l'on daignait bien y loger, il constata que l'on mettait à sac l'immeuble occupé par la vieille femme. Une dizaine de marins avaient pris possession des lieux, jetant par les fenêtres ouvertes le mobilier qu'ils jugeaient inutiles. Des éclats de rire s'élevaient du premier et du troisième étages, quelques portes claquant au milieu des petits cris effrontés de quelque fille de joie qui jouait sa passe avec un futur vérolé.
Le Capitaine Rousquet sentit son échine se raidir devant ce spectacle accablant. Instinctivement il avait porté la main sur son six coups et avait donné l'ordre à ses hommes de le suivre dans l'immeuble. Passé le hall qui faisait office de vestibule, un brigand tenta de lui sauter dessus, pensant que Nathaniel voulait lui aussi voler le trésor de la vieille. Mais avant même que le gredin eut le temps de le saisir, une langue de feu sortit du canon de l'arme et vint cracher sa balle dans le front de sa victime.
A partir de cet instant, ce furent dix longues minutes qui passèrent, des coups de feu retentissant çà et là, au fur et à mesure que Nathaniel et ses hommes franchissaient les salons, corridors et étages. Rapidement, tout le bas-fond de Lusance fut alarmé par ce règlement de compte. Rousquet, d'ordinaire flegmatique, même sous le feu ennemi, aboyait sur les destinataires de ses coups, écrasant les crânes sanguinolent à l'aide de ses talons. Après des échanges de coups de feu couverts par des cris et des insultes, le silence tomba. Au pied de l'immeuble, un attroupement s'était formé, mêlant tout le beau monde du quartier. Tout le monde attendait le dénouement, dans une curiosité perverse de gens sans éducation.

Sentant la foule attendant de voir le vainqueur de cette course au pillage, l'uniforme de Capitaine de Rousquet parut, son visage dissimulé à moitié sur les mèches de ses cheveux rougis par le sang qui avait éclaboussé toute sa face. Levant les mains, elles aussi tâchées de rouge carmin, il s'écria :

" A partir d'aujourd'hui, cet immeuble m'appartient. Que celui qui tente de m'en contrarier la jouissance sache qu'il lui en coûtera la vie. "

Et comme pour montrer que c'était un homme de parole, ses deux acolytes jetèrent les cadavres par-dessus les garde-corps. Ils retombaient plusieurs mètres plus bas, les carcasses s'écrasant dans un bruit sur sur le sol terreux de la rue. Personne ne semblait épouvanté par le spectacle mais quelques mines se firent subitement moins jouissives. Un malaise s'installa rapidement parmi la foule qui se dispersait à chaque minute.
Visiblement satisfait d'avoir ainsi imposé son autorité, Nathaniel quitta l'embrasure de la fenêtre pour finir de vider les lieux pour permettre le réaménagement qu'il projetait secrètement depuis trop longtemps.
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Message  Sorabe le Sam 16 Fév - 19:18

Les émeutes étaient récurrentes à Lusance, particulièrement dans les bas quartiers. Leurs motifs étaient divers et souvent futiles.

Quelques heures après la main mise du capitaine Rousquet sur l'immeuble de la mère Teule, un peloton de la milice sorabe vient s'enquérir de l'affaire. Les habitants étaient indifférents aux efforts du Prince-Amiral pour doter sa principauté d'une police moderne. Les femmes de mauvaise vie huèrent violemment les soldats. Ils n'avaient rien à faire dans ce quartier, et puis, c'était des gars de Belice.
La dizaine de soldats distribua coups de crosse et taloches aux insolentes, et se fraya un chemin jusqu'à l'immeuble en question. Le sergent du peloton monta à l'étage et y rencontra le capitaine Rousquet. Ce dernier n'avait vraiment rien à craindre. En tant que Grand Capitaine de l'ile, il faisait partie de l'aristocratie informelle de la Principauté. Ce n'était pas un petit sergent terrien qui put lui reprocher quoique ce soit, surtout dans ce quartier.

Aussi, le sergent ne put que bredouiller de vagues rappel à l'ordre au Capitaine, rappelant que lui aussi avait une affection particulière pour la mère Teule et lui implorant de ne point recommencer ce genre de massacre.

Une heure plus tard, le peloton était repartie, laissant les bas fonds de Lusance à leurs maitres habituels : les plus forts.



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Re: La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  William Z. Pearl le Sam 16 Fév - 20:51

Alors qu'il était en chemin pour le Palais Mitau, Pearl entendit parler des exploits du Capitaine Rousquet dans les quartiers malfamés de la ville. Sans changer de route, William se dit qu'il devra tôt ou tard rencontrer ce capitaine au fort caractère...
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Re: La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  Nathaniel Rousquet le Dim 17 Fév - 16:54

En quelques jours, Nathaniel Rousquet avait fait passer un véritable trésor de guerre dans la réfaction de l'immeuble de feu la mère Teule.
Plusieurs dizaines de maçons étaient venus des quatre coins de l'île pour abattre des cloisons, agrandir des pièces, rafraîchir des murs et des plafonds crevassés par le temps. La volonté du Capitaine de la Beldiane était de repenser l'immeuble dans son utilisation, en faisant un lieu propre, soigné et richement décoré de moulures aux plafonds, de colonnes en marbre blanc dans la cour intérieur et dans la grande salle de réception. L'architecte mandaté pour ces travaux avait même suggéré d'exhausser le bâtiment d'un ou deux étages supplémentaires mais la proposition accueillit un net refus du Grand Capitaine. En aucun cas l'immeuble ne devait jurer parmi les autres, son projet devait se fondre dans le décor et n'attirer l'oeil, depuis la chaussée, que par la présence de singuliers détails.

Parmi les artisans et les ouvriers appelés sur cet étonnant projet en plein coeur du bas-fond lusançois, beaucoup s'interrogeaient sur les soins apportés à l'une des pièces de l'immeuble. Celle-ci avait la particularité d'être bercée de lumière de part et d'autre de la porte d'entrée et d'avoir une imposante cheminée sur le mur d'en face. Il avait été demandé de reboucher la cheminée et de transformer l'espace en petit autel de marbre. Les fenêtres aux carreaux épais avaient été enlevées de leurs gonds, des vitraux devant être mis à la place.
Certains ouvriers parlaient de la chambre d'un enfant, mais d'autres, qui avaient déjà vu de près à quoi ressemblait la chapelle d'une église, comprirent qu'ils étaient en train de travailler à la mise en place d'un lieu de prière et de recueillement en plein milieu des bordels et des bars de Lusance. Fort heureusement, la pièce ne donnait pas sur la rue. Nathaniel Rousquet faisait preuve d'une grande présence au milieu du vaste chantier, l'architecte le suivant partout, sans pouvoir dire un mot. Par conséquent, les ouvriers s'affairaient avec des soins presque religieux à travailler à l'élévation de cette chapelle. Elle devait être le coeur de l'immeuble, l'endroit où l'on pourrait se rendre sans avoir à traverser une myriade de pièces et où l'on pourrait trouver le repos nécessaire à la réflexion et à la prière.

Nathaniel était certainement l'un des rares syistes pratiquants de l'île. Il était d'ailleurs sûrement plus dévôt que l'abbé de la capitale. En effet, il ne partait pas en mer sans solliciter la bienveillance de Saint-Vellian, patron des marins et des pêcheurs, ni sans renouveler ses offrandes. Alors, il lui paraissait normal de lui offrir un endroit digne de ce nom, qui puisse venir en aide aux familles des pirates sorabes, dans l'attente du retour de leur canaille de mari, ou pour aider les veuves et les gamins orphelins de leur père, à ne pas sombrer plus bas que le caniveau lusançois.
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Re: La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  Nathaniel Rousquet le Jeu 25 Juil - 14:49

Sortis de l'Auberge du chat qui pète où le capitaine Sextus de Varenne et d'autres marins trinquaient encore, Nathaniel Rousquet et le père Dioclétien Marillon se dirigeaient sans un mot vers la Maison aux Œuvres de Saint-Vellian. Déjà, au pied de la vaste porte cochère, une vingtaine de personnes attendaient ; il s'agissait du jour d'inauguration du lieu de recueillement, sûrement le plus vaste endroit dédié au culte syiste sur l'île, après la Cathédrale Saint-Sigismond. Avec ses quatre étages, sa chapelle dédiée à Saint-Vellian, ses cuisines et réfectoires, ses chambres et ses salles de réception qui serviraient à occuper la jeunesse des bas-fonds de Lusance plus encline à apprendre à lire et à écrire qu'à fomenter des coups dignes des plus grands brigands de l'île.
Parmi les personnes attroupées devant l'immeuble, l'évêque de la Cathédrale et plusieurs abbés étaient présents. Pour le reste, il s'agissait essentiellement de gamins à qui l'on avait promis quelques pièces de monnaie s'ils se montraient obéissants ; pour l'heure, ils jouaient à la perfection le rôle d'enfants de chœur qu'on attendait d'eux, attirés par l'argent facile. Plus d'un se disait qu'il pourrait bien remettre à plus tard ses bêtises pourvu que sa poche s'anime du bruit des pièces.

Après les présentations et salutations d'usage, le groupe fit son entrée dans sous le porche de l'immeuble, gardé les bas-reliefs de deux sirènes à la gorge cachée par une voile. Le sol, nouvellement dallé de pierres du verançais, faisait claquer les talons des bottes et chaussures. La loge du gardien s’ouvrait sur la droite, tandis qu’une porte close – vraisemblablement l’accès de service – se présentait sur la gauche. Au fond du vaste cloître qui faisait face au groupe, un escalier monumental à double hélice interpellât tout le monde. Un tel ouvrage d’art n’était sûrement pas une habitude architecturale sorabe et la couleur des matériaux utilisait indiquait que l’escalier le se trouvait pas là il y a encore six mois. Il ne s’agissait en fait que du seul accès qui semblait conduire vers les étages, véritables lieux dédiés à la Maison aux Œuvres de Saint Vellian. Aucun brin de végétation n’était là pour accueillir la délégation, seules des pierres usées ou neuves formaient des parterres et bouquets minéraux. Au milieu du cloître, une fontaine en marche faisait entendre le clapotis de l’eau qui finissait par s’évacuer dans des rigoles allant de part et d’autre du promontoire circulaire.

Invités à suivre le capitaine Rousquet, tous montèrent l’escalier religieusement, les représentants du culte en premier. Le premier étage s’ouvrait sur deux vastes salles de réception ou bien sur le réfectoire et les cuisines selon que l’on prenait à gauche ou à droite. Tout en gardant leur sobriété, les pièces avaient été aménagées avec goût, conservant comme fil conducteur " l’eau ", synonyme de vie. Des peintures et des broderies, témoignages les plus visibles de ce rappel, évoquaient justement ce lien vital entre l’homme et l’un des quatre éléments. Pour le reste, les murs étaient recouverts d’un papier d’un bleu tirant sur le gris, laissant aux caprices du soleil jouer avec les teintes de couleur.
Parvenus au deuxième étage, Nathaniel fit visiter la bibliothèque et les salles d’étude qui couvraient trois ailes avant de finir par la chapelle. Elle pouvait accueillir une cinquantaine de personnes et bénéficiait de vastes vitraux revisitant l’allégorie de la mer comme mère bienfaitrice des hommes et comme terrible gardienne des secrets de Dieu. À la gauche de l’autel, l’embrasure d’une porte suggérait un escalier, que l’on finit par prendre pour arriver au troisième étage. Il se décomposait de deux dortoirs et d’une vaste salle commune.
Le quatrième étage avait été laissé de côté par le guide, servant pour l’heure de combles. Selon le succès rencontré par la Maison aux Œuvres, il pourrait y accueillir des lits supplémentaires ou de nouvelles pièces destiné à l’usage des résidents et habitués.

Pendant la visite, peu de mots avaient été échangés. Revenus dans la chapelle, tous firent alors l’éloge d’un tel lieu, sous le regard surpris et curieux des gredins payés pour se tenir tranquilles. Parmi eux, plusieurs avaient été émerveillés par le bâtiment et par les explications données par le capitaine Rousquet : des filles et des garçons de tout âge pourraient séjourner ici durant un semestre, à la condition de participer aux corvées et de suivre des cours de lettres, de science et l’exercice pratique d’un art domestique. La Maison aux Œuvres serait administrée par le père Dioclétien Marillon, qui avait accepté cette mission, et des petits et grands séminaristes pourraient être appelés à venir y étudier les saintes écritures.
L’évêque, connu pour ses vices plus que pour sa vertu, consacra la chapelle en bradant la cérémonie afin de pouvoir profiter du banquet qui l’attendait à l’étage du dessous.

Ce ne fut qu’au début de la soirée que tous se retirèrent, les enfants récompensés pour leur docilité en premier, laissant le capitaine Rousquet et le père Marillon enfin seuls.

" Mon père, vous êtes venu prêcher le syisme en Sorabe et vous voilà patron et protecteur de cette maison. J’aurais aimé vous assurer de son succès immédiat mais je crains que mon peuple ne soit guère réceptif au message de Saint Sevan. "
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Message  Dioclétien Marillon le Ven 16 Aoû - 23:27

Depuis trois semaines que le père Marillon se trouvait en charge de la Maison aux Œuvres de Saint-Vellian, il ne se passait pas un jour sans qu'une surprise ne contrarie ses projets. Comme le capitaine Rousquet l'avait prédit, les débuts étaient difficiles : seuls onze enfants avaient intégré les lieux pour le semestre ; ils avaient été envoyés là par leurs parents qui avaient ainsi trouvé le bon moyen d'avoir une bouche en moins à nourrir. D'ailleurs, parmi ces jeunes pensionnaires, deux n'étaient pas encore en âge de faire une phrase complète ! Plus qu'une simple Maison aux Œuvres, le bâtiment prenait tous les atours d'un orphelinat placé sous le haut-patronage du protecteur des marins. Le prédicateur syiste ne s'était effectivement pas attendu à devoir entretenir et élever des nourrissons et bambins, lui qui escomptait plutôt éduquer les insulaires selon les préceptes de Saint Sevan en leur révélant les Saintes Écritures. Résigné, il avait alors adopté une position nouvelles : il s'agissait de former une nouvelle génération pieuse et intellectuelle, qui pourrait dans un demi-siècle prendre le contrôle de la Sorabe.
Marillon avait été contraint d'embaucher des nourrices pour se charger de s'occuper du mieux possible des deux derniers, qu'il avait affectueusement nommé Eléa et Hans. Les nourrices, pleines de vie et de lait étaient une charge supplémentaire. En effet, elles ne s'occupaient pas des corvées autres que celles induites par les deux jeunes enfants. Aux heures de sieste, elles se permettaient tout de même de donner quelques cours de confections, apprenant aux filles à broder des nœuds sur leurs jupes ou à nouer un foulard
comme cela se fait sûrement sur le continent.

L'invasion du Méniro et du Skotinos par la Laurasie avait été l'occasion pour la flotte pirate de partir en mer s'en prendre aux navires marchands. Depuis un mois, le père Marillon se retrouvait donc sans nouvelle aucune du capitaine Rousquet et n'avait pas semblé intéresser le Prince-Amiral, sûrement parti en chasse lui aussi.
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Re: La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  William Z. Pearl le Mer 21 Aoû - 20:49

Le père Levallois parcourait les bas-fonds de la Capitale, il cherchait la fameuse Maison aux Œuvres dont il avait entendu parlait depuis le dernier mouillage. Il trouva finalement le bon endroit, qu'il prit initialement pour une garderie pour enfant en bas-âges des bas-fonds. Il entra après avoir été rassuré par l'écriteau à l'entrée, et tomba aussitôt sur une plantureuse jeune femme à la large poitrine.

- Mes hommages, mademoiselle. Je suis le père Levallois, aumônier syiste du "Souverain volant", je souhaite rencontrer le père Marillon.
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Re: La Maison aux Œuvres de Saint-Vellian

Message  Dioclétien Marillon le Jeu 22 Aoû - 23:22

La grande Geneviève était certes plantureuse, elle n'en était pas moins sotte. Guère habituée à voir passer un visiteur dans la Maison, elle multiplia les politesses et attentions à l'égard de l'aumônier pensant bien faire ; seul le petit Hans, à moitié endormi dans ses bras, lui donnait presque un air de sainte et non de niaise. Bien évidemment, aguicheuse au fond d'elle, elle riait de sa voix forte en feignant de chuter dans les escaliers pour faire réagir le pauvre père Levallois.

Arrivés devant la cellule du père Marillon, elle frappa à la porte et annonça qu'un visiteur souhaitait le rencontrer. Le prédicateur ne sachant pas qui se présentait à lui, abandonna sa besogne et s'empressa d'inviter l'aumônier du
Souverain volant à entrer dans la pièce qui lui servait aussi de bureau.

Voilà une heureuse visite. Je suis le père Dioclétien Marillon, en charge de cet établissement. Que me vaut l'honneur de votre visite mon père ?

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